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Tout le monde a déjà eu un instant d’hésitation avant de répondre à une question difficile voire inattendue d’un recruteur. Sur ces réponses, tout peut se jouer : un coup de génie comme un bafouillage inaudible. Je vais faire la lumière sur les questions perçues comme étant délicates pour les candidats alors qu’elles sont routinières pour les recruteurs et qu’elles visent des objectifs précis : jauger votre sens de la répartie, analyser votre capacité d’écoute et mesurer votre motivation. Ces questions n’ont aucunement l’objectif de vous mettre dans l’impasse. Alors, pourquoi sont-elles perçues comme déstabilisantes ? Quelles sont les réponses attendues ?

#1 : dites-moi tout sur vous ?
Cette question est souvent la première posée en entretien et revêt de nombreuses formes : « présentez vous », « parlez moi de vous », « expliquez moi votre présence ici »… Toutes ces questions convergent vers la même réponse : vous devez vous présenter succinctement en 2 min maximum afin de donner des points d’accroche à votre interlocuteur pour démarrer la partie de ping pong verbal. Que la question revête un caractère provocateur avec le « dites-moi TOUT » permet de rajouter une petite pointe afin de voir si le candidat est synthétique. Evidemment, on n’attend pas ici que le candidat parle de tout, mais qu’il sache faire la synthèse de 1) ce qu’il est, 2) ce qu’il a fait et 3) ce qui l’amène à cet entretien aujourd’hui.

#2 : pourquoi vous ?
Au delà du pourquoi vous choisir vous et pas un autre, cette question et ses corollaires visent à creuser vos qualités et vos compétences. Si vous avez des atouts dans votre manche, c’est le moment de les sortir. On attend de vous que vous fassiez preuve de synthèse et de clairvoyance :
1) vos compétences techniques (si elles sont rares et utiles pour le poste, c’est encore mieux : quadrilingue, logiciel superare.com…),
2) vos compétences sociales (travail d’équipe, travail en mode projet, manager efficace mais pas tyrannique…)
3) vos soft skills (capacité d’adaptation, goût du challenge…).
Dans tous les cas, on attend du concret du type : « Mon année d’étude passée en Australie à Worldwide best University, mon expatriation en Allemagne ainsi que mon expérience dans entreprise Sud Coréenne ont fait de moi quelqu’un d’adaptable… »

#3 : quel est votre défaut ?
Alors, entre nous soit dit, je déteste cette question, même en tant que recruteur et pourtant c’est un incontournable. J’aime à croire que les gens ont moins des défauts que des axes d’amélioration. Il s’agit de faire le point sur votre capacité de recul et de remise en question. Pourquoi ? Parce qu’il est très dangereux d’embaucher dans des équipes une personne qui a une très haute estime d’elle même et qui préfère assommer ses collaborateurs plutôt que de faire son introspection.
(Attention parenthèse : je fais la différence entre les personnes qui ont confiance en elle et qui sont de bons repères pour l’entreprise et les personnes qui se sentent au dessus des autres et qui peuvent être toxiques socialement. Fin de la parenthèse.)
Les axes d’amélioration sont soit techniques : « je vois que vous utilisez telle méthode, je la connais en théorie mais je l’ai peu pratiquée » soit le perfectionnement peut porter sur des aspects relationnels. J’ignore combien d’entretiens j’ai pu faire passer depuis que je suis recruteur mais je crois pouvoir dire que dans 99,9% des cas, j’ai eu le droit à « je suis perfectionniste ». Alors, s’il vous plaît, pas perfectionniste… oui oui, même si vous l’êtes… Cherchez en un autre…
L’idée c’est de faire preuve d’humilité et d’honnêteté, d’avoir conscience qu’il faut travailler un point de sa personnalité tout en sachant que ce n’est pas rédhibitoire. Alors, on évite le trop honnête : « je suis nul et maladroit »… Quelque soit le point que vous souhaitez améliorer chez vous, n’hésitez pas à le citer mais surtout à faire état des leçons que vous en avez tirées par le passé.
Ne tentez pas l’humour ou la provocation à ce stade de l’entretien, ce n’est pas le bon moment. Que ce soit auprès de moi ou auprès de mes collaborateurs, le « j’ai la qualité de mes défauts » ou « je n’ai aucun défaut car je suis le candidat parfait » n’a jamais fait accéder à l’étape suivante.

#4 : pourquoi ce « trou » dans votre CV ?
N’ayez pas honte de vos passages dans le désert peut importe la raison !
Si la période désertique est d’actualité, expliquez vos démarches de recherche d’emploi et expliquez où vous en êtes (combien d’entretiens passés, raisons pour lesquelles vous n’avez pas été retenu ou raisons pour lesquelles vous avez pu refuser une offre). Si la période est passée, inutile de le masquer dans votre CV. L’entretien d’embauche est l’occasion d’expliquer ces périodes. On n’y reste pas très longtemps, l’idée est d’avoir une vision générale de votre parcours. Si vous avez fait une période de chômage, tournez-la à votre avantage et expliquez-en quoi vous avez pu rester actif (association, formation, enseignement, écriture d’un blog professionnel…). Enfin, mesdames, n’ayez pas honte de vos maternités et du temps que vous avez pu consacrer à élever vos enfants. Votre responsabilité et vos capacités d’organisation seront des atouts à faire valoir.

#5 : quelles sont vos prétentions salariales ?
Oui, j’ai bien dit « prétentions », c’est le terme consacré même si de nombreux candidats répondent qu’ils n’ont aucune prétention. C’est une question difficile car les plus jeunes peuvent avoir peur de se sous évaluer et ne prennent pas en compte les avantages annexes et les plus expérimentés pensent parfois qu’il faut gonfler le salaire pour obtenir plus. Le plus simple est encore d’indiquer votre salaire fixe actuel ainsi que votre éventuel variable et tous les avantages que vous avez (tickets restaurants, télépéage, télétravail, horaires flexibles…). Si vous avez une idée claire de ce que vous valez et de ce que vous souhaitez, n’hésitez pas à dire au recruteur que vous ne descendrez pas en dessous de telle rémunération du fait du marché, de vos compétences ou de vos expériences. Faites attention à ne pas gonfler votre salaire car vous risquerez d’être au dessus de ce qui se pratique sur le marché et de fait, vous pourriez passer à côté de cette opportunité d’emploi.